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« L’âme impériale ou l’Agonie de Messaline », de Valentine de Saint-Point, artiste multifacettes et féministe avant l’heure
La Trouvaille de cette semaine est une « tragédie en 3 moments avec musique de scène », intitulée « L’âme impériale ou l’Agonie de Messaline« . Outre la qualité de l’oeuvre et la rareté du livre en question, c’est avant tout de l’auteure dont nous souhaitons vous parler. Cette artiste encore trop méconnue a tour a tour porté la casquette d’écrivain, de poète, de dramaturge, de critique d’art, mais ...
« Les 1001 nuits », illustré par Lucien Laforge
Rendez-vous cette semaine à la croisée de deux univers : l’Orient exotique des « Mille et une Nuits » et un illustrateur français à contre-courant de son époque. La trouvaille que nous souhaitons partager avec vous cette semaine : « Les 1001 nuits » de 1912, illustré par Lucien Laforge, ou quand les contes traditionnels rencontrent le trait d’un dessinateur avant-gardiste, cela donne une œuvre unique ! Lucien Laforge, un homme de co...
« L’âme impériale ou l’Agonie de Messaline », de Valentine de Saint-Point, artiste multifacettes et féministe avant l’heure

La Trouvaille de cette semaine est une « tragédie en 3 moments avec musique de scène », intitulée « L’âme impériale ou l’Agonie de Messaline« . Outre la qualité de l’oeuvre et la rareté du livre en question, c’est avant tout de l’auteure dont nous souhaitons vous parler. Cette artiste encore trop méconnue a tour a tour porté la casquette d’écrivain, de poète, de dramaturge, de critique d’art, mais aussi de peintre et de chorégraphe ! Portrait de cette « sur-femme ».

Valentine de Saint-Point : débuts littéraires

Né en 1875 à Lyon, Valentine de Saint-Point, de son vrai nom Anna J. V. M. de Glans de Cessiat-Vercell est l’arrière petite-nièce du poète Alphonse de Lamartine. C’est en hommage à son aïeul qu’elle prend le pseudonyme de Saint-Point (nom du château de ce dernier). Elle fait son entrée dans la vie publique à partir de son second mariage (1900) en organisant un salon littéraire. Plusieurs figures artistiques et politiques répondent présent : Mucha, Rachilde, Paul Fort, Gabriel d’Annunzio ou encore Auguste Rodin. Rodin pour lequel elle accepte d’ailleurs de poser et avec qui elle développe une tendre amitié qui ne manquera pas d’influencer son parcours artistique. En témoignent les poèmes d’admiration que Rodin lui inspire : « Le Penseur » ou « Ses mains« . Une inspiration réciproque -ce dernier la surnomme « la déesse de chair dans son inspiration de marbre », qui s’exprimera à travers leur correspondance.

Alors qu’elle met fin à son second mariage, elle décide de prendre le nom de Saint-Point et de ne plus jamais se marier afin de laisser libre cours à sa vie artistique. Suite à son divorce (1904), elle vit en union libre avec le poète italien Ricciotto Canudo, qui l’encourage à écrire. De Saint-Point ne tarde pas à publier ses premiers recueils de poésie (« Poèmes de la mer et du Soleil« ), à produire des articles pour diverses revues (« La nouvelle revue« , « Le Mercure », « Poésia« , etc). L’auteure explore également le genre romanesque, provoquant parfois le scandale, notamment avec son titre univoque « Un inceste« .

Après ces premiers écrits, Valentine de Saint-Point s’essaye au théâtre avec son premier drame en un acte : « Le Déchu » (1909). Bien que malmenée par la critique, son auteure continue sa production théâtrale ancrée dans un esprit féministe.

Le salon baroque de l’artiste Valentine de Saint-Point (1913)

Métachorie, luxure et politique

En 1911, elle s’installe dans un atelier d’artiste, au 19 rue de Tourville, afin de se consacrer (entre autres) aux arts picturaux. En multipliant les réceptions mondaines, elle gagne en notoriété et ses soirées « apolliniennes » sont courues dans le tout-Paris. De nombreux artistes et intellectuels s’y retrouvent et viennent présenter leur derniers poème, pièce ou sonate (Maurice Ravel, Villiers de l’Isle-Adam, Boccioni ou encore Filippo Tommaso Marinetti). Ce dernier est l’auteur du « Manifeste du futurisme« . Mouvement dont elle se rapproche mais en y apposant sa touche féministe en publiant le « Manifeste de la femme futuriste » et un peu plus tard « Le manifeste futuriste de la luxure« . De Saint-Point y prône une « sur-femme » virile et vivant pleinement sa sexualité, le pendant du « sur-homme » de Nietzsche. Elle se fait également remarquer en exposant ses tableaux et gravures sur bois au « Salon des indépendants » jusqu’en 1914.

En 1913, son compagnon lance la revue « Montjoie!« , autoproclamée « Organe de l’impérialisme artistique français » qui rallie l’avant-garde artistique du pays : Valentine Hugo, Guillaume Apollinaire, Fernand Léger ou André Salmon pour n’en citer que quelques-uns. C’est à cette époque que Valentine de Saint-Point s’intéresse de plus près à la danse. De ses expérimentations et de sa réflexion naissent une nouvelle forme d’art transdisciplinaire : la métachorie. Cette « danse graphique/idéiste » illustre donc des poèmes à l’aide de compositions de Claude Debussy, Maurice Ravel ou Erik Satie.

« […] dans la Métachorie, c’est l’idée qui en est l’essence, l’âme. La danse et la musique étant suggérées par elle, on peut donc dire que la Métachorie forme un organisme vivant, dont l’idée est l’âme, la danse le squelette, et la musique la chair. »

par Valentine de Saint-Point

Lorsque la guerre éclate, Valentine de Saint-Point -à l’instar de ses confrères masculins Apollinaire et Blaise Cendrars, s’engage au sein de la Croix-Rouge. Puis elle quitte la France en 1916 et part voyager en Espagne, aux États-Unis et au Maroc, où elle se convertit à l’islam. Quelques années plus tard, elle revient en France, le temps de constater que plus rien ne l’y retient. Elle publie son dernier roman en 1924 puis part s’installer au Caire avec deux amis. La vie culturelle qu’elle continue de mener activement se teinte de politique avec la création de « Phoenix, la revue de la renaissance orientale » (1925). La publication, très critique vis-à-vis de l’impérialisme du monde occidental sur le monde musulman, ne tarde pas à engendrer des conflits au sein de la communauté francophone et avec les autorités égyptiennes pour cause de troubles à l’ordre public. Si elle veut rester dans le pays, elle doit cesser toutes ses activités politiques. Ce qu’elle consent à faire.

Valentine de Saint-Point consacre le reste de sa vie à la spiritualité avec l’étude des religions et la pratique de la méditation. Elle s’éteint en 1953 au Caire alors âgée de 78 ans, sous le nom de Rawhiya Nour-el-Dine.

Illustration pour l'édition de L'âme impériale ou l'Agonie de Messaline imprimée en 1929
Illustration pour l'édition de L'âme impériale ou l'Agonie de Messaline imprimée en 1929
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Si vous souhaiter en savoir plus sur Valentine de Saint-Point, voici un article complémentaire sur l’analyse de son œuvre.


« Les 1001 nuits », illustré par Lucien Laforge

Rendez-vous cette semaine à la croisée de deux univers : l’Orient exotique des « Mille et une Nuits » et un illustrateur français à contre-courant de son époque. La trouvaille que nous souhaitons partager avec vous cette semaine : « Les 1001 nuits » de 1912, illustré par Lucien Laforge, ou quand les contes traditionnels rencontrent le trait d’un dessinateur avant-gardiste, cela donne une œuvre unique !

Lucien Laforge, un homme de convictions

C’est à Paris et en 1889 que naît Lucien Laforge, d’une mère peintre de miniatures et d’un père violoniste. Nourri à l’art dès l’enfance, il hésite quelques temps entre devenir musicien professionnel ou bien dessinateur. Il choisit finalement le dessin et suit des cours à l’académie Humbert. Critique, il trouve que l‘enseignement y est trop académique et qualifie le style dominant de pompier. Laforge n’a en effet que peu de goût pour cette tendance prônant la profusion de détails, l’emploi de couleurs trop vives afin de créer un effet sensationnel. Il suffit de regarder quelques dessins du peintre-dessinateur pour s’apercevoir que son style se situe aux antipodes de celui de son époque.

Lucien Laforge (1889-1952)

En 1910, il commence à vendre ses talents pour plusieurs journaux dits de divertissement (« Tout-Paris »). Cependant, Laforge est un homme engagé et il préfère travailler pour les papiers lui permettant d’exprimer ses idées politique de gauche. On note ainsi sa participation à : « Les hommes du jour », « Le libertaire », « Le merle blanc », « L’Humanité » ou encore « Le Canard enchaîné » pour n’en citer que quelques uns. C’est en tant qu’illustrateur de journaux qu’il gagne (assez pauvrement) sa vie. Bien qu’il continue de peindre en parallèle, ses œuvres ne sont pas reconnues.

Lucien Laforge est un homme de convictions, aux valeurs profondément libertaires et pacifistes. Ainsi, il n’hésite pas à simuler la folie par deux fois afin de se faire réformer en 1915 et 1917. Mis à part quelques confrères (dont Gus Bofa), son oeuvre n’est pas reconnue de son vivant (et assez vite oubliée par la suite). Pour autant, il ne changera jamais de ligne ; qu’il s’agisse de son trait dépouillé ou de son esprit critique (vis-à-vis de la guerre notamment).

« Mais moi je ne suis pas à la mode […] je n’aime que la vie et la liberté. »

Le style avant-gardiste de Lucien Laforge

Outre le dessin d’humour et politique, Laforge illustre aussi quelques classiques, de Baudelaire à Perrault, en passant par Descaves et Rabelais. Trois oeuvres en particulier sont à retenir : « Ogier le Danois » (1913), « Les 1001 nuits » (1912) et « Le film 1914 » (1922). Pour les deux premiers ouvrages, Laforge met de côté son mordant pour s’adresser aux enfants. Le dernier dépeint quant à lui les horreurs de la guerre et la bêtise des hommes.

Vous l’aurez compris, notre dessinateur se distingue par son style unique, que l’on pourrait qualifier d’épuré, de dépouillé, sans fioritures aucune. Nous l’avons en effet mentionné plus tôt, Laforge a en horreur le style baroque et chargé de son époque. Au fil des années, Laforge ne cesse de simplifier son dessin, de réduire au minimum le décors et les détails pour au final ne garder que l’essence de l’idée qu’il souhaite partager. Le dessin gagne alors en puissance, en pureté et marque le lecteur durablement. Il est alors le seul à travailler de cette manière (excepté peut-être Grove), allant alors à l’encontre totale de la mode d’alors.

Ses illustrations pour la jeunesse nous permettent de voir les dessins de Laforge en couleurs, un art qu’il maniait également avec brio. Vous pouvez apercevoir dans nos photos son trait caractéristique. Et l’on peut imaginer grâce aux couleurs et à quelques tableaux présents dans le livre, le peintre qui se cache derrière le dessinateur. Laforge a également dessiné un abécédaire (cf notre article qui lui est consacré). Enfin, il aimait aussi se prêter à l’exercice de l’ex-libris dont voici un bel exemple !

C’est en 1952 que Lucien Laforge décède des suites d’un AVC, dans l’indifférence générale. Probablement écœuré par l’arrivée de la Seconde Mondiale, il avait cessé de dessiner.

Les 1001 nuits
Les 1001 nuits
Illustrations de Lucien Laforge
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