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Une Biographie d'Edouard PEISSON


par Nathalie Couilloud.




      Edouard Peisson est né en 1896 à Marseille et décédé en 1963 à Ventabren (Bouches-du-Rhône). Dès son plus jeune âge, lors des promenades qu'il fait avec son père et son grand-père sur le Vieux-Port, il ressent une grande attirance pour la mer. Après des études sans histoire, il embarque à 18 ans sur le Madonna et commence une carrière de marin de commerce qui lui verra sillonner la Méditerranée, mais aussi la ligne de l'Atlantique-Nord vers les Etats-Unis et la mer Blanche, sur des paquebots ou des cargos. Il sera successivement pilotin, radio-télégraphiste, puis capitaine de la marine marchande : la mer "m'apporta l'évasion que je lui avais demandée mais, par la discipline qu'elle impose, me transforma. Avec elle, on ne joue pas." En 1923, un décret du ministère de la Marine réduit de façon drastique les effectifs des marins de commerce. Peisson est contraint de débarquer et ne naviguera jamais plus, à son grand désespoir.

      Il passe un concours et devient rédacteur à la préfecture des Bouches-du-Rhône en 1924. "Il fallut vivre, dans le sens le plus plat du terme ; manger et avoir un toit sous lequel s'abriter." Il se met alors à écrire pour revivre ses années de mer et échapper à la routine d'un travail qui ne l'intéresse pas. Il envoie bientôt une nouvelle à l'écrivain Henry Poulaille, qui travaille chez Grasset. Celui-ci l'encourage à écrire et l'aidera à publier sa première nouvelle, Ballero, capitaine, en 1929. "Je commençais, grâce à lui, à savoir me servir de l'outil que j'avais saisi. Il me restait bien des choses à apprendre, tout seul. N'avais-je pas appris de la même manière l'art de naviguer !" Remarqué par René Douric, qui dirige La Revue des Deux mondes, Peisson fait son entrée dans la littérature. En 1936, il peut se permettre de démissionner de la préfecture pour se consacrer entièrement à son art.

      Ecrivain de la mer, souvent comparé à Joseph Conrad, il bâtit une oeuvre presque exclusivement consacrée à la marine marchande, ce qui constitue une exception dans le genre de la littérature maritime. Il campe des personnages forts, capitaines ou lieutenants, et raconte leur vie à bord, les difficultés du métier, l'importance de la solidarité de l'équipage, où chauffeurs et mécaniciens qui travaillent dans les soutes ne sont pas oubliés. Des équipages conscients de leurs responsabilités que rien ne détourne de leur devoir essentiel : ramener le navire au port en toute circonstance (tempête dans Thomas et l'Ange, maladie dans Le Pilote ou Passage de la Ligne, assistance à un navire en danger, dans la trilogie du Sel de la mer).

      Si ses personnages lui sont inspirés par des marins qu'il a connus, ses sujets lui viennent autant de souvenirs personnels (comme Courrier de la mer Blanche qui retrace ses années de guerre sur le Plata) que de faits divers lus dans la presse (comme la trilogie du Sel de la mer, qui raconte le naufrage du paquebot Lamoricière en 1942).

      Extrêmement rigoureux "comme tout marin doit l'être sur la passerelle de son navire", Peisson bâtit des récits dont l'art de la narration et le suspense atteignent parfois des sommets comme dans Parti de Liverpool ou A Destination d'Anvers. Cette maîtrise des effets lui a valu le surnom de Simenon de la mer dans l'abondante presse de son temps qui saluait la parution de chacun de ses ouvrages.

      Peisson a également écrit quelques romans pour la jeunesse, dont Le Voyage d'Edgar, une commande de l'inspection d'académie, qui a servi de livre de lecture courante, et lui a valu le grand prix du roman de l'Académie française en 1940. L'Anneau des mers ou L'Aigle de mer sont de purs ouvrages d'aventures, dans la grande tradition de Jules Verne. Par ailleurs, deux de ses romans seront adaptés au cinéma, Hans le Marin et Le Garçon sauvage et les éditions de luxe seront illustrées par de grands noms (Marin Marie, Creston...).

      Le style de Peisson et d'une remarquable sobriété et d'une grande simplicité. C'est un maître de la parole sèche, de l'économie, du style dépouillé qui va à l'essentiel. Il brosse des caractères, sans effet ni lyrisme, avec très peu de description, en se tenant volontairement à la réalité des faits. Malgré cette rigueur, une grande émotion se dégage de ces pages qui célèbrent la grandeur des gens de mer et composent un hymne puissant à la mer et aux navires.

      Cette oeuvre prolifique (plus de trente romans et recueils de nouvelles) mérite d'être redécouverte et appréciée à sa juste valeur. Seuls trois de ses romans sont encore publiés aujourd'hui.

Nathalie COUILLOUD

Les romans d'Edouard Peisson Actuellement en vente sur notre site.

Un article "Edouard Peisson" a été publié dans la revue Le Chasse-Marée n° 178, en mai 2005.
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